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Blotti entre la vallée de l'Oise, le plateau Valois et le domaine de Chantilly, le pays d'Halatte est une contrée riche d'un patrimoine Historique et Forestier de près de 2000 ans.
Nombre de villes et villages, de châteaux et monuments se sont développés autour de la forêt royale.
Ce blog vous invite à découvrir cet endroit, moins exposé médiatiquement que les grandes régions touristiques, qui j'espère retiendra votre curiosité et votre intérêt...
Villers Saint
Frambourg, 600 habitants sur 972 hectares de champs et de forêt domaniale, est situé en bordure sud de la Forêt d’Halatte, entre Senlis et Villeneuve sur Verberie et au bord de la D932a par
l’intermédiaire de son hameau « La Roue qui
Tourne ».
Villers Saint Frambourg, vue de la Forêt d'Halatte
D’une existence ancienne, la terre de Villers se developpe près d’une voie Romaine reliant le Sud de la France à
la Flandres en passant par Meaux et Montepilloy. Elle devient un lieu-dit à la suite du détachement du village d’Ognon.
Au Xe siècle, Villers est donné au Chapitre Saint Frambourg de Senlis par la reine Adelaîde de Poitou,
épouse de Hugues Capet. Celui-ci installe des colons et fait procéder à des essartages.
Le village prend le nom de Villers Saint frambault en 1207, Villare Sancti Frambaldi en 1226.
Maximilien Titon, Directeur Général des magasin d’Armes de Louis IV, est seigneur d’Ognon et de Villers Saint
Frambourg au XVIIe siècle.
Le début de l’édification de l’église St Médard, en lieu et place d’une ancienne église, se situe au XIIe siècle et se poursuit jusqu’au XVIIe siècle.
De1825 à 1832, Ognon était rattaché à Villers. En 1900, Villers Saint Frambourg avait une population de 451 habitants, un moulin à vent, une compagnie de pompiers et sept épiceries...
Rhuis est un petit village de l'Oise (115 habitants) situé en bordure de la CD123 entre Pontpoint et Verberie.
L'occupation de ce site, par l'Homme, remonte à des temps très anciens, témoin, le passage des Celtes (la Demoiselle de Rhuis).
C'est à l'époque Gallo-Romaine que le village prend son importance. Un pont (pont de Rouanne) permettait aux voyageurs de traverser l'Oise, deux importantes voies Romaines (dont l'une venait de
Beauvais) y convergeaient également. L'origine du nom, Rhuis, tient de cette époque pour devenir Ruys-en-Verberie en 1358.
Une seigneurie constituée de Rhuis et de St Germain (dont subsiste seulement un Manoir) est reconnue vers 1390. Celle-ci fut vendue en 1784 par Charles de Rohan, qui fut le dernier Seigneur de Rhuis.
Son Eglise, du XIe siècle, fera l'objet d'un prochain article...
Roberval
est un petit village, d'un peu plus de 350 habitants, situé entre les communes de Villeneuve sur Verberie et Pontpoint. Traversé par le Rouanne (affluent de l'Oise), il se niche au pied du massif de la forêt d'Halatte. L'Autoroute A1 passe près de ce village également.
Inutile de vous brosser un historique complet de ce village (naissance officiel en 872), son histoire est savamment présenté par Jean-Marc Popineau sur le site
internet de Roberval.
On peut s'arrêter sur quelques endroits intérêssants de ce village :
Le château actuel de Roberval date de la seconde moitié du
XVIIIe siècle, mais d'autres châteaux ont été édifiés auparavant sur le site. Il y a également un joli colombier hexagonal à l'entrée du château.
C'est une propriété privée.
L'église Saint-Remy. Sa construction s'est étalée
entre le XIIe (nef) et le XVIe siècle (choeur, clocher).
Le Lavoir de Fosse, dont la date de construction est inconnue, était destiné aux habitants de Fosse au XIe siècle (village disparu). Ce lavoir a été recouvert d'une charpente en 1881 et rénové en
1995.
La Balance de Roberval (6m de long pour 2.20m de haut) a été inauguré en 2005, en souvenir de la naissance de Gilles Personne
(à Roberval en 1602), inventeur de la balance à deux fleaux.
Beaucoup de petites routes et de chemins permettent de visiter, à pied ou en vélo, ce tranquille village. Dommage que le Viaduc de l'autoroute A1, construit en 1964 et que je n'ai pas souhaité
prendre en photo, défigure ce charmant coin...
Place de Brasseuse, début XXe siècle, avec son abreuvoir
... et aujourd'hui.
Place de Brasseuse, en 2009
Le village de Brasseuse (Braii silva), appartenant au canton de Pont Sainte Maxence, doit sa création, courant XIIe
siècle, même époque que Villeneuve sur Verberie, à la suite de défrichements, à l'initiative des Bouteillers de
Senlis.
Senlis, surnommée "Ville Royale", est située au centre du massif des trois forêts
(Ermenonville, Chantilly et Halatte) et bâtie près du confluent de l'Aunette et de la Nonette.
Gravure de Senlis, datant de 1638
Dès l'époque Gallo-Romaine, la ville profite d'un important noeud routier, à proximité des axes Meaux-Beauvais et Pontoise-Reims, pour se développer.
Quelques années avant le début de notre Ere, sous le règne d'Auguste, emerge une bourgade Gallo-Romaine, Augustomagus (le marché d'Auguste) dans
le territoire des Silvanectes. De cette époque, il reste les Arènes d'une capacité de
8000 à 11000 personnes.
Avec les invasions barbares du IIIè siècle, la ville est ravagée et celle-ci doit se doter d'une enceinte fortifiée, le Castrum. Cette muraille, de forme elliptique de 800m environ pour 7m
de hauteur, est construite à partir de blocs de récupération de bâtiments civils et
religieux et flanquée de 30 tours de défense. Silvanecte devient une place militaire importante.
Ces remparts, appelés autrefois "mur des Sarrazins" (defense contre les envahisseurs du nord) sont assez bien conservés sur une petite partie. Un grand nombre de Tours ont, par contre soufferts,
détruites, transformées ou enfouies dans les maisons.
Plan du centre de Senlis, datant de 1811, et son enceinte Gallo-Romaine
Enceinte Gallo-Romaine, et la Tour de la salle des Gardes, vus du Jardin du Roy
Cette solide fortification n'a jamais été prise, resiste aux raids des vickings au IXe siècle et au siège des Germains vers 946, et restera en service jusqu'au XIIe siècle. Une deuxième ceinture de
rempart sera édifiée au XIIIe siècle...
Vers 853, sous Charles le Chauve, la cité prend le nom de Senlis. En mai 987, Hugues Capet est élu dans le Château Royal, par ses
barons par acclamation, Roi des Francs.
Fausse Porte ou passage Sainte-Bathilde, amenant vers la rue de la Chancellerie (dans le Castrum).
La Porte Saint-Rieul, rue de Villevert, delimitant le Rempart
Sur le point le plus haut de la ville, et appuyé sur la muraille Gallo-Romaine, a d'abord existé un Palais
Mérovingien. Sous Louis VI le Gros, le Palais est detruit et vers 1130, un Château est reconstruit. Fin XVIe siècle, malheureusement, les bâtiments se dégradent faute d'entretien. Le
château est vendu comme bien national en 1793, la ville rachète les ruines en 1956 à la famille Turquet de la Boiserie.